Choisir un entrepreneur est souvent l’étape la plus déterminante d’un projet de construction ou de rénovation.
Un bon choix garantit un chantier maîtrisé ; un mauvais choix peut se traduire par des malfaçons, des retards, des surcoûts, voire des litiges qui peuvent durer des années.
Voici quelques points de vigilance essentiels avant de signer un devis.
1. Vérifier l’existence légale
Avant tout engagement, vérifiez que l’entreprise est bien enregistrée à la Banque-Carrefour des Entreprises (BCE), qu’elle dispose d’un numéro de TVA actif et qu’elle est en règle avec l’ONSS si elle emploie du personnel.
Lien vers la Banque Carrefour des Entreprises
Sur cette page, vous pouvez, aussi, voir le type et la date de création des entreprises, ses administrateurs.
Ce sont parfois des indices pertinents / interpellants par rapport aux arguments mis en avant sur les devis (age de l’entreprise, par exemple).
2. Vérifier les accréditations
Pour certains métiers réglementés (toiture, électricité, chauffage), demandez les agréments ou certifications spécifiques au corps de métier concerné.
Vous pouvez vérifier cela via le site de la Banque Carrefour des Entreprise sous la rubrique Activités Code Nacebel.

3. Vérifier l’état des dettes
Le « Check obligation de retenue » est un outil en ligne officiel belge permettant de vérifier si un sous-traitant ou un entrepreneur a des dettes fiscales ou sociales.
En cas de dettes, c’est évidemment un signal négatif important sur l’entreprise.
Lien vers Check obligation de retenue
4. Vérifier la santé de l’entreprise
Avec le n° de tva, vous avez aussi accès au comptes de l’entreprise via ces sites:
– Companyweb
– Centrale des Bilans
Les chiffres peuvent être difficile à comprendre pour des non-initiés.
Vous pouvez, dès lors, extraire le bilan et demander à une IA (Claude, Chatgpt, Gemini par exemple) de l’interpréter, de vous donner un avis sur celui-ci.
5. Exiger les assurances obligatoires
Deux assurances sont incontournables :
- La responsabilité civile professionnelle, qui couvre les dommages causés à des tiers pendant le chantier.
- L’assurance décennale, rendue obligatoire en Belgique par la loi Peeters-Borsus du 31 mai 2017, entrée en vigueur le 1er juillet 2018. Elle couvre la responsabilité décennale (articles 1792 et 2270 du Code civil) pour les vices graves touchant la stabilité, la solidité ou l’étanchéité du gros œuvre fermé. Cette obligation vise les architectes, ingénieurs en stabilité et entrepreneurs, pour les projets d’habitation dont le permis d’urbanisme a été délivré après le 30 juin 2018 et pour lesquels l’intervention d’un architecte est requise.
Demandez systématiquement une attestation d’assurance en cours de validité, et non une simple mention verbale.

6. Contrôler les références et réalisations antérieures.
Un entrepreneur sérieux ne craint pas de partager les coordonnées d’anciens clients ou des photos de chantiers achevés.
N’hésitez pas, non plus, à visiter un chantier en cours ou terminé, à interroger directement un client précédent sur le respect des délais, la gestion des imprévus et la qualité de la finition.
De même, les avis sur Facebook, Google sont aussi de bons indicateurs.
Attention aux avis de certaines sociétés privées trop élogieux et au final, peu crédibles.
7. Comparer plusieurs devis et s’assurer que ceux-ci soient détaillés
Un devis sérieux doit être précis : métré, quantités, matériaux, marques, délais d’exécution, modalités de paiement et clauses de garantie.
Méfiez-vous des devis flous (« rénovation cuisine », par exemple) ou anormalement bas : ils cachent souvent des matériaux de moindre qualité, des sous-traitants non déclarés, ou des suppléments qui apparaîtront en cours de chantier.
8. Échelonner les paiements en fonction de l’avancement
Ne jamais payer l’intégralité d’un chantier à l’avance.
Un échelonnement classique suit l’avancement réel des travaux, avec un solde final versé après réception et levée des réserves éventuelles.
9. Ne pas croire à la bonne affaire!
Dans le bâtiment, le prix des matériaux représente un pourcentage important du montant d’un devis, la main-d’œuvre et les frais de structure constituant le reste.
Cette proportion laisse peu de marge réelle : un entrepreneur ne peut pas diviser durablement ses prix sans rogner quelque part.
Un devis nettement plus bas que les autres, pour un même descriptif de travaux, doit donc alerter plutôt que rassurer.
Les écarts les plus fréquents se cachent dans :
- des matériaux de qualité inférieure à ce qui a été convenu verbalement, non détaillés dans le devis ;
Sur certains chantiers problématiques, on remarque par exemple, l’emploi de matériaux venant des pays de l’est, parfois hors CEE, sans certifications, ATG. - des quantités sous-évaluées (par exemple un nombre de m²), qui donneront lieu à un avenant et des surprises désagréables en cours de chantier ;
- de la main-d’œuvre non déclarée ou des sous-traitants non assurés, qui réduisent les coûts mais suppriment toute garantie en cas de problème ;
- une marge quasi nulle de l’entrepreneur, qui le pousse à bâcler la finition, à réduire le temps passé sur chantier, ou qui le fragilise financièrement au point de ne pas terminer le chantier.
10. Faire appel à un maitre d’ouvrage indépendant
C’est sans doute, le point le plus important.
Les sommes engagées et les risques sont importants.
Il vaut, dès lors, mieux faire appel à un architecte, par exemple, qui réalisera un état des lieux/visite préalable, analysera les devis et effectuera un suivi de chantier indépendant.
Cette démarche permet de détecter très tôt les non-conformités (isolation, étanchéité, structure) avant qu’elles ne deviennent des désordres coûteux à corriger.
Et si vraiment cela se passe mal, il faut réagir le plus vite possible et faire constater les défauts, malfaçons, inachèvements!
Une expertise privées, amiable, contradictoire ou une expertise judiciaire permettra d’objectiver les responsabilités et d’orienter la suite de la procédure.

