Humidité ascensionnelle: importance d’un bon diagnostic!

Rendez-vous 8h30 à La Hulpe pour un diagnostic humidité.

Il s’agit d’une maison bel étage, le garage, le hall d’entrée, la buanderie se trouvant au niveau de la rue.
Le salon, cuisine, jardin et chambres sont au premier et 2ème étage.
Le mur arrière, à l’opposé de la rue, est complétement enterré, le jardin se trouvant au niveau du salon au premier étage.

Dans le couloir du hall d’entrée, sur le mur qui sépare le hall du garage, on a pas mal de taches humides, les plâtres se décollent, il y a beaucoup d’efflorescences de sel (salpêtre).

Le problème s’est déclaré 5 ans auparavant et ne fait qu’empirer, les taches humides progressent, le salpêtre aussi.

Voyant cela, les propriétaires en ont parlé à un de leurs amis qui est architecte. Celui-ci il m’a contacté n’ayant pas les outils nécessaires pour une expertise d’humidité poussée.

Ma première idée, lorsque je suis sur place, est la même que les propriétaires et l’architecte: humidité ascensionnelle!
On a, effet, tous les éléments et indices de ce genre de pathologie:

  • Présence de sels, de salpêtre;
  • Humidité plus importante dans le bas que dans le haut (mesuré avec le protimeter);
  • Visuellement, il y comme une vague venant du sol.

En complément des tests réalisés au protimeter, je demande l’autorisation de faire un percement afin d’opérer un test à la bombe à carbure. Cet examen permet, après prélèvement, d’analyser le taux d’humidité au centre de la maçonnerie. Si c’est bien de l’humidité ascensionnelle, le mur sera humide…

Test 1: 2,4%
Test 2: 1,6%
Résultat: le mur, à cœur, est sec (car en dessous de 5%).

Étrange, étrange… d’où vient donc cette humidité si ce n’est pas par capillarité?

A ma question :
– Puis-je enlever une plinthe?
Les propriétaires répondent
“- Vu l’état des plâtres, allez-y”


Muni d’un burin et d’un marteau, je dépose une plinthe.

Le plâtre touche sol. Or la partie entre la limite du carrelage et le mur est très humide.
En creusant un peu ce plâtre à l’aide d’un tournevis, on remarque que celui-ci descend plus bas que l’épaisseur du carrelage… Plus on descend, plus c’est humide… En dessous du carrelage, au niveau de la chape, ça devient même comme une espèce de pâte collante et mouillée.

Ce n’est donc pas de l’humidité ascensionnelle… mais un pontage des plâtres: la chape est humide, le plâtre qui est en contact avec celle-ci, a un effet de “buvard” sur cette humidité.

La première chose à faire et d’enlever les plinthes, de gratter et d’enlever ce plâtre le plus bas possible afin de supprimer cet effet de pontage:


Deuxième chose, il va falloir trouver la cause de l’humidité dans la chape!

Pour cela, une étude précise de la chape, sur tout le niveau, a été menée à l’aide de la bombe à carbure et du protimeter.
Il y avait un taux élevé d’humidité à la base du mur qui se trouvait en face des murs incriminés.
Plus on s’écartait de ce mur, moins c’était humide.

A nouveau, la dépose des plinthes a permis de trouver la provenance de cette eau: le mur enterré n’était plus étanche.
On avait une infiltration d’eau entre la dalle et le premier bloc, l’eau pénétrait dans la chape. La chape détrempée, humidifiait les enduits par pontage.


Pour solutionner ce problème, le terrassement et la pose d’une nouvelle étanchéité sur le mur enterré a été retenue.

Morale de l’histoire: Si nous avions suivi notre première analyse basée sur le visuel et l’analyse du taux d’humidité en surface, nous nous serions sans doute dirigés vers un traitement contre les remontées capillaires / humidité ascensionnelle.

On aurait résolu le problème du mur entre le hall et le garage en coupant cette capillarité. Mais l’humidité aurait continué à progresser dans la chape et, à terme, aurait surement causé d’autres dommages. Dans ce cas-ci, c’est l’analyse à la bombe à carbure qui a pu déterminer la cause exacte des dégradations.

D’où l’importance, lors de recherche d’humidité ou d’expertise, d’utiliser les bons outils et les bonnes méthodes.
Un seul appareil et le visuel nous aurait amené dans une mauvaise voie…

Ce métier s’apparente parfois à celui de détective, vraiment!