Le salpêtre dans les maisons

Le salpêtre est le nom qui désigne des efflorescences qui apparaissent sur un mur, un sol, un matériau. 
Ce salpêtre à l’apparence d’une sorte de mousse blanche, de cristaux blancs. 

Scientifiquement, le ‘salpêtre’ correspond à un sel tout à fait particulier de type nitrate.

Mais en plus des nitrates, ces efflorescences peuvent contenir des sulfates, des chlorures, des carbonates.
Le salpêtre n’est donc ni un champignon, ni une forme de moisissure… C’est le produit de la cristallisation des sels particuliers mentionnés ci-dessus. 

Est-ce que le salpêtre est nocif pour la santé?

En soi, le salpêtre et les sels qu’il contient, n’est pas dangereux pour la santé. Nous les retrouvons dans l’eau que l’on boit tous les jours. 

S’ils résultent d’une source d’humidité, c’est cette dernière qui peut être néfaste, en provoquant ou déclenchant des maladies, des problèmes aux voies respiratoires comme rhinites, alvéolites, bronchites, asthme, irritations au nez ou à la gorge, éternuements, etc.

Ce salpêtre, d’où vient-il?

Les nitrates sont présents dans le sol, dans la terre. 

L’usage industriel des engrais par les agriculteurs a augmenté la concentration de nitrates, particulièrement en zone rurale et en bordure de champs. 

Mais les nitrates proviennent également des déjections animales et humaines. 

Le taux de nitrate – et en conséquence de salpêtre – sera particulièrement élevé dans les zones avoisinantes : 
– d’une (ancienne) fosse septique ;
– d’anciens lieux d’élevage comme des porcheries, étables, ou poulaillers ;
– fosses à purin ;
– anciens urinoirs ;
– canalisations d’égout cassées ou qui ne sont plus étanches ;
– bordure des champs.

Comment peut-on expliquer l’apparition du salpêtre?

Il y a plusieurs explications possibles à l’apparition de ce salpêtre.

Lors de pluie ou d’une présence d’eau, l’humidité dissout ces sels présents dans le sol.

En cas d’humidité ascensionnelle ou d’humidité pénétrante (mur enterré), l’humidité traverse la maçonnerie par capillarité, chargée de ces sels qui sont alors dissous.

L’humidité s’évapore continuellement par la surface du mur…

Quand l’humidité s’évapore, ces sels ne savent pas se disperser ou s’évaporer… et se retrouvent en surface du mur.

Par l’action de l’air, ces sels cristallisent et forment cette sorte de mousse blanchâtre : le salpêtre…

Si il y a une conduite d’égout (eau noires ou grises chargées de nitrates) cassée à la base ou derrière un mur, on peut observer le même phénomène.

Fuite dans un tuyau à l’extérieur d’un mur où on rencontre du salpêtre
Fuite dans un tuyau situé en dessous du sol où on a du salpêtre

Dans des cas plus rares, la rupture ou fuite dans une canalisation d’eau de ville ou même de chauffage peut causer une apparition de salpêtre si la maçonnerie et/ou le mortier contient ces sels suite à une contamination passée, par exemple.

Est-ce que le salpêtre est toujours visible?

Il est très facile de le reconnaître dans une cave ou sur des murs nus: présence de cloques se formant derrière la peinture, les joints de maçonneries s’effritent, se changent en poudre, formation d’une sorte de mousse blanche. Le mur va “fariner”.

Cependant, lorsque les murs sont recouverts de plâtre, le salpêtre peut s’avérer invisible et se traduire par des taches humides qui augmentent et diminuent au gré des saisons, en fonction du taux d’humidité intérieur de la maison. 

Comment le mesurer le taux de nitrate – salpêtre, comment le déceler, comment l’analyser?

Le taux de salpêtre se mesure à l’aide de languettes tests nitrates.

On place sur la surface, avec un peu d’eau distillée, ces languettes tests nitrates. Le taux de concentration sera déterminé par la couleur de la zone réactive de la languette.

Pourquoi est-ce important de faire ce test nitrate?

Dans le cadre d’expertise et de recherche des causes d’une humidité, cette mesure est cruciale. En effet, la présence de nitrate ou de salpêtre peut induire un mauvais diagnostic.

Ces sels ou salpêtre parfois visibles et parfois invisibles sont aussi ce qu’on appelle hygroscopiques.

Hygroscopique signifie que ces nitrates et/ou nitrites absorbent l’humidité de l’air par absorption ou par adsorption.
Ces nitrates sont des sels similaires aux sels utilisés dans les bacs absorbeurs d’humidité “Rubson”  que l’on place dans des pièces de la maison pour pomper l’humidité dans les meubles, pièces ou recoins humides.

Comme ils sont hygroscopiques certains appareils comme les testeurs de surface vont réagir.
Mais, il est possible que le mur ou le sol derrière la surface mesurée soit sec!

Dans ce cas-là, seul un test nitrate accompagné d’un test à la bombe à carbure pourra donner le bon diagnostic. 

J’ai souvent rencontré le cas où un diagnostic d’humidité ascensionnelle ou d’humidité pénétrante en cave avait été posé alors qu’il y avait juste une contamination par le salpêtre – par les nitrates. Un traitement onéreux dédié n’aurait strictement servi à rien ! 

Comment se débarrasser des nitrates ou du salpêtre?

Premièrement, il faut trouver l’origine de leur présence : fuite d’une tuyauterie ou d’un égout (à réparer), humidité ascensionnelle ou par capillarité, humidité pénétrante des murs enterrés (à traiter), etc.
Et bien entendu, s’assurer qu’il ne s’agit pas d’une ancienne contamination ou d’un ancien problème qui aurait été résolu…

Un problème d’humidité ascensionnelle traité avec succès ne supprimera pas l’existence de salpêtre.

Comme le salpêtre est présent dans le matériau, dans un mur, dans un sol, son extraction est impossible si l’on n’ôte pas le matériau contaminé.

Chaque fois qu’une nouvelle couche de plâtre ou de ciment (à base d’eau) sera enduite ou qu’une nouvelle couche de peinture (à base d’eau) sera appliquée sur le mur, sur le sol, ces sels vont être ravivés, réveillant ainsi les nitrates qui réapparaîtront en séchant sous forme de salpêtre. 

Si l’on veut appliquer un nouvel enduit (plâtre), il faut le séparer du support contaminé avec des membranes dédiées ou en créant une cloison indépendante. Pour le sol, il y a aussi des solutions pérennes mais elles doivent faire l’objet d’étude au cas par cas.