Expertise humidité, un cas concret: problème de condensation

Le mois dernier, un jeune couple m’appelle. Ils ont constaté un problème de condensation dans leur nouvelle habitation.

Les occupants veulent un avis, une expertise indépendante par rapport à cette humidité. Ils sont conscients du problème, mais ne savent ni d’où il vient, ni comment le résoudre.

En me présentant chez eux un matin, une sensation d’étouffement me prend à la gorge : il fait chaud et moite dans cette maison… On y respire mal. Quelle sensation désagréable !

Au cours de mes visites, je questionne systématiquement les occupants quant à l’histoire des lieux et surtout sur leur relation avec leur logement : historique, habitudes, travaux, etc.

Ils ont acheté ce bungalow au printemps, ont aménagé en juin, et ils y vivent depuis cet été.
Ils « télé-travaillent » tous deux et sont donc souvent sur place.

Tout allait bien jusqu’en octobre. Avec la chute des températures, ils ont commencé à fermer fenêtres et portes. Des moisissures ont alors apparu, sur les murs dans un premier temps et ensuite dans leur dressing, sur leurs vêtements.

Mesures et analyses

Les tests en surface avec le Protimeter effectués dans l’entièreté de l’habitation sont négatifs et le taux d’humidité en surface des plâtres est élevé, tant dans le bas ou le haut des murs.

Dans le séjour, il y a une tache en bas de mur qui pourrait s’apparenter à de l’humidité ascensionnelle. Je réalise un test à la bombe à carbure. Celui-ci est négatif, le mur à cœur est sec. Notre mesure au Protimeter des plâtres démontrait néanmoins une humidité en surface.

On passe maintenant à l’analyse de l’air.
Celle-ci se fait avec des capteurs placés dans les différentes pièces.
On va mesurer le taux d’humidité de l’air (humidité relative), le taux de CO2, le taux de micro particules et le taux de COV (composés organiques volatils).

Voici les tolérances:

Nous sommes donc dans le rouge concernant le taux d’humidité de l’air.
Plus interpellant, la mesure du CO2: 2831ppm

Le taux de CO2 dans l’air ne doit idéalement pas dépasser les 900 ppm.

Revenons ici sur les explications de M. Facon, commissaire Coronavirus : Les pièces bien ventilées présentent des valeurs de concentration maximales de 900 ppm. Les valeurs comprises entre 900 et 1.200 ppm indiquent un espace moins bien aéré et exigent un apport d’air frais extérieur. À partir de 1200 ppm, la qualité de l’air dans une pièce est insuffisante.

Ici, le taux de CO2 est trois fois plus élevé que la norme imposée pour la ventilation dans les lieux fermés.

Au niveau de la santé, au-delà de 1000 ppm, on constate une augmentation des symptômes liés à l’asthme chez les enfants, et ce après une seule journée dans les lieux.
Un taux de CO2 trop important entraine aussi une fatigue prématurée, des maux de tête et une diminution de la concentration.

Ce qui est intéressant dans cette analyse, c’est qu’elle confirme non seulement un taux élevé d’humidité dans l’air, mais indique également une pollution par le CO2 qui elle, est invisible.

Compte tenu des moisissures, on pouvait aisément prévoir un haut taux d’humidité.
Par contre, il n’y a aucune trace visible pour le CO2 !

Conclusion

Lors de cette expertise et après ces analyses, des solutions ont été dégagées afin de retrouver un air sain.

Des moyens sur-mesure ont été mis en œuvre pour palier aux moisissures et à cette absence de ventilation .

Une autre preuve, s’il en fallait que seul une analyse rigoureuse, avec un outillage spécifique, dégagera des solutions pérennes: chaque habitation est unique, chaque foyer est différent, chaque style de vie est spécifique, aucune étude sur site ne sera identique..